Lorsqu’il a reçu, le 3 août 2026, la distinction décernée par la direction du media en ligne Guineeperspectives.org, Aly Badra Komah a réagi avec la retenue qui le caractérise. Un simple sourire posé, des lèvres closes. Et une posture sobre dans sa veste sombre à quatre poches.
L’homme dégage le calme et l’assurance propres à sa fonction.
Récemment nommé président de la Chambre de contrôle de l’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), ce magistrat est récompensé pour son parcours au sein de l’appareil judiciaire. Notamment à titre de doyen des juges d’instruction au Tribunal de première instance de Kaloum à Conakry. Son parcours est ancré dans la rigueur. Le cheminement d’Aly Badra Komah illustre une carrière axée sur la constance et le respect du droit.
Nommé juge au TPI de Kankan dès la sortie de la troisième promotion de la magistrature, il a fait ses premières armes sur le siège, confronté directement à l’exigence du jugement et à l’application de la loi.
Par la suite, il a été nommé juge d’instruction à Dinguiraye, où il a appris à conduire les enquêtes avec méthode. Ensuite, il a exercé comme procureur de la République à Kissidougou, en charge de l’action publique et de la défense des intérêts de la société.
Enfin, de retour à Conakry, il a été nommé à Kaloum comme doyen des juges d’instruction, avant de rejoindre la CRIEF comme président de la Chambre de contrôle de l’instruction.
En tant que doyen des juges d’instruction au TPI de Kaloum, situé en plein centre administratif et judiciaire de la capitale, il a été chargé de dossiers délicats. Dans cette fonction exposée souvent aux pressions médiatiques et politiques, ses pairs lui reconnaissent un attachement strict au serment de sa profession, c’est-à-dire peser les faits et protéger les libertés individuelles.
Sa ligne de conduite repose sur la modestie et l’instruction à charge et à décharge.
Face à la rapidité du tribunal de l’opinion, le magistrat rappelle régulièrement au principe cardinal du droit, la présomption d’innocence.
De Kankan à Conakry, en passant par Dinguiraye et Kissidougou, ses dix années de pratique sans éclats médiatiques témoignent d’une continuité professionnelle dédiée au respect des procédures et à la dignité de la fonction.
Par Alpha A. Diallo
















