Le drame survenu à la décharge de Dar-es-Salam remet brutalement au centre du débat public la gestion des déchets, l’urbanisation de Conakry et la sécurité des populations vivant aux abords des zones à risque. Après la tragédie, les autorités annoncent des mesures qui pourraient marquer un tournant dans la gestion de ce site devenu, au fil des décennies, l’un des symboles des difficultés environnementales de la capitale.
Le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est rendu samedi 29 août 2026 sur les lieux du drame pour constater la situation et exprimer sa solidarité aux populations touchées.
Cette visite intervient dans un contexte particulièrement difficile pour les familles affectées, alors que les conséquences humaines et sociales de la catastrophe continuent de susciter une vive émotion.
Vers la fin de la décharge de Dar-es-Salam
Au-delà de la gestion immédiate de la catastrophe, l’enjeu est désormais celui de l’avenir du site.
Les autorités ont annoncé leur volonté de mettre un terme à l’exploitation de la décharge et d’engager une transformation de la zone. Parmi les perspectives évoquées figure notamment l’aménagement d’un parc urbain.
Une telle décision constituerait un changement majeur pour Conakry, où la gestion et le traitement des déchets demeurent depuis plusieurs années un défi considérable.
Une catastrophe qui pose la question de l’urbanisation
Le drame dépasse cependant la seule problématique des ordures ménagères.
Il remet également en lumière l’occupation des zones à risque, la croissance rapide de Conakry, les difficultés de planification urbaine et la nécessité de disposer d’infrastructures modernes de collecte, de traitement et de valorisation des déchets.
La capitale guinéenne s’est considérablement étendue au cours des dernières décennies. Cette croissance démographique et urbaine exerce une pression importante sur les infrastructures publiques.
La catastrophe de Dar-es-Salam pourrait ainsi devenir un point de départ pour une réflexion beaucoup plus large sur la politique environnementale de la capitale.
Transformer l’urgence en réforme durable
L’annonce de la fermeture de la décharge constitue une première réponse. Mais le principal défi sera désormais de proposer une alternative durable.
Où seront acheminés les déchets produits quotidiennement à Conakry ? Quels dispositifs seront mis en place pour leur traitement ? Comment éviter la création de nouvelles décharges présentant les mêmes risques ?
Autant de questions auxquelles les pouvoirs publics devront apporter des réponses concrètes.
Car au-delà de l’émotion provoquée par la catastrophe, Dar-es-Salam pose désormais une question fondamentale : la Guinée peut-elle transformer cette tragédie en point de départ d’une véritable réforme de la gestion des déchets et de l’aménagement urbain de Conakry ?
Les prochaines décisions des autorités permettront de mesurer l’ampleur du changement annoncé.
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