Un local de l’État, transformé en chambre froide pour la conservation du poisson et des fruits à Kissosso, est au cœur d’un bras de fer judiciaire opposant l’ancien ministre Bouréma Condé à un opérateur privé, Kerfalla Doumbouya. L’affaire serait aujourd’hui entre les mains du juge d’instruction du tribunal de Dixinn.
Un domaine de l’État au centre du conflit
Selon nos informations, le bâtiment litigieux appartiendrait à l’État guinéen. Il aurait été acquis par l’ancien ministre à l’époque où il dirigeait le département de l’Agriculture, dans le cadre d’un projet couvrant les cinq communes de Conakry. Depuis cette acquisition, l’occupant n’aurait plus quitté les lieux.

Un document consulté par notre rédaction indique toutefois que le local serait officiellement attribué à un groupement, et non à l’ancien ministre à titre personnel — un détail qui s’avérera déterminant dans la suite des événements.
De la sous-location au recensement du patrimoine de l’État
Il y a environ quatre ans, l’ancien ministre aurait cédé le local en sous-location à l’opérateur Kerfalla Doumbouya. La situation s’est compliquée avec l’arrivée des nouvelles autorités, qui ont engagé un recensement des patrimoines bâtis appartenant à l’État.
Une invitation aurait alors été adressée à l’occupant des lieux. Toujours selon nos sources, Kerfalla Doumbouya aurait demandé à Bouréma Condé de s’y rendre, ce que l’ancien ministre n’aurait pas fait. L’opérateur s’y serait finalement présenté lui-même.
C’est à cette occasion qu’il aurait découvert que le local n’était pas enregistré au nom de l’ancien ministre. Une régularisation aurait alors été effectuée, autorisant Kerfalla Doumbouya à poursuivre ses activités sur le site.
Plainte à la gendarmerie et dossier devant la justice
Informé de cette régularisation, l’ancien ministre aurait réclamé à Kerfalla Doumbouya la remise des clés du local. Face au refus catégorique de l’occupant, Bouréma Condé aurait porté plainte à la gendarmerie de Kipé.
L’affaire serait aujourd’hui instruite par le juge d’instruction du tribunal de Dixinn.
Nos vérifications
Contacté à plusieurs reprises par téléphone, l’intéressé n’a pas répondu à nos sollicitations. Notre journaliste s’est alors rendu auprès de l’officier enquêteur à Kipé afin de confirmer l’identité du plaignant.
Au terme de ces vérifications, une question se pose avec acuité : le service du Patrimoine bâti devrait se saisir du dossier afin de clarifier le statut du local et, le cas échéant, de récupérer ce bien de l’État guinéen.
Mamadou Barry
















